dimanche 23 juin 2013

BILAN DE MON ANNEE D’HYPOKHAGNE

Ce fut une année mémorablement misérable. C’est seulement à la fin que je suis capable de l’admettre j’en suis déçue parce que je pensais vraiment que cette année serait exceptionnelle et magique... Le Destin en avait décidé autrement. Ce fut horriblement dur, maintes fois je me suis sentie seule, abandonnée, sans personne, à la dérive… Ce fut éprouvant mais j’y ai survécu et je ne compte pas m’arrêter sur cet échec. Je reviens donc sur ce que l’hypokhâgne était censée m’apporter, ou du moins ce que je pensais qu’elle m’apporterait :


Sur le plan humain :

è Des amis de longue date. On dit souvent que l’hypokhâgne vous permet de vous faire des amis pour la vie. C’est faux pour moi à l’exception de quelques personnes. 

è De nouvelles connaissances. Pas tant que cela du moins pas autant que je l'espérais... J'avais l'an dernier à cette même période parlé avec mes futurs khâmarades sur un forum dédié aux futurs hypokhâgneux  parisiens mais hélas nos conversations étaient que virtuelles puisque de toute l'année aucun d'eux ne m'a parlé. C'est vous dire à quel point parfois il vaut mieux ne pas s'enthousiasmer vite car au bout du compte on en ressort simplement déçu. 

è Des moments d’entraide à la venue des CB ou d’un DST qui porte sur une bibliographie énorme, certains sont affreusement égoïstes et se fichent royalement que vous ayez un temps de trajet pénible & long des tâches ménagères à effectuer en rentrant le soir et que de fait vous n’avez pas assez de temps pour travailler car oui une journée dure malheureusement 24h.

è Un brassage social inoubliable que tous les élèves venant de milieux plus ou moins aisés, citadins, provinciaux se parleraient mais c’est surtout le contraire qui a eu lieu puisque comme on pourrait s’y attendre les parisiens de souche restaient entre eux et organisaient leurs répugnantes soirées où l’alcool coulait à flot et j’en passe… Les plus « modeuses » également à parler de la prochaine fashion week, ouverture de magasin, inauguration. Les férus d’art des vernissages, des expos à ne manquer pour aucune raison. Chacun son mode de vie, chacun ses activités extra-prépa donc à chacun ses dits amis. Ironie bien entendu puisque la plupart des gens ne s’intéressent pas réellement à qui vous êtes, ils ne se basent que sur l’image que vous leur envoyez.

Sur le plan scolaire :

è J’étais persuadée que j’allais acquérir une méthode de travail hors norme. Mais rien de tout cela. A mon grand dam, cette année j’ai plutôt fait la connaissance de la flemme et de la fainéantise. L’organisation, le savoir-faire méthodique des plans en III parties ne sont que mirages rien de tout cela ne m’a été prodigué. Pire encore j’ai même l’affreuse sensation de n’avoir rien appris cette année, l’an dernier j’ai tellement appris sur tout. Ça parait pourtant paradoxal car tout doit être plus poussé & approfondi en hypokhâgne. J’ai cru que je parviendrai à faire des dissertations en lettres sur des sujets improbables et atrocement complexes. Que nini ! J’en éprouve que du dégoût moi qui jadis adorais le français, m’enthousiasmait à réciter des règles de grammaire que la plupart des gens ont vite oublié !

è Une culture générale monstre. Je pensais que j’allais apprendre une telle quantité de choses que j’en serai moi-même impressionnée  mais non encore une fois, j’ai plutôt l’impression de faire face à ce que je ne sais toujours pas. Il y a certaines lacunes qu’on ne peut combler arrivé à un certain âge et c’est terrible.

Cet article est court mais tout au long du blog j'ai fait part de mes déceptions, doutes je ne voie donc pas l'intérêt de ressasser. Je finirai simplement sur ceci: mon année d'hypokhâgne fut définitivement un désastre et ne m'a aucunement apporté tout ce dont j'espérai mais pire encore, je ne m'attendais assurément pas à cela j'avais imaginé tous les scénarios mais certainement pas ça. 


mardi 18 juin 2013

LA RELATION PROFS-ELEVES


LES MEILLEURS PROFESSEURS SONT DANS LES ZEP.

Que de moqueries lorsque l’on parle des ZEP. (Zones d’Education Prioritaires) mais laissez-moi vous dire, les meilleurs professeurs comme mon sous-titre l’indique sont là-bas. De toute ma scolarité, je n’ai eu que d’excellents enseignants à quelques exceptions près. Quoi qu’il en soit, je ne retiens que ceux qui étaient au top, notamment ceux des 3 dernières années, non attendez, depuis le collège j’ai eu de très bons profs. On m’avait dit qu’en hypokhâgne la relation/prof élève était en quelque sorte une continuité de celle du lycée…  (On m'aurait donc menti? C'est un scandale!) Ici, c’est absolument faux les profs en ont que faire de vous et pour cause ils ne se cachent pas lorsqu’il s’agit de vous rabaissez et de vous rappeler d’où vous venez.  Tandis que les profs de ZEP font généralement leur maximum pour intéresser leurs élèves, ils ont une réelle envie de vouloir dispenser de bon cours et vous sentez qu'ils sont passionnés d'ailleurs, ils sont aussi passionnants car dès lors que vous avez un excellent prof, c'est connu de tous, vous pouvez trouver votre voie parce que sa matière aura été une réelle révélation et vous pouvez réussir car vous aurez qu'une seule envie: le décevoir en aucun cas. C'est peut être un tantinet malsain mais vouloir montrer continuellement qu'un prof a raison de croire en vous est un  épatant tonique. Les profs de ZEP savent qu'il y a des élèves brillants en banlieue et ils s'efforcent d'en trouver, de faire prendre conscience à ceux qui doutent d'eux qu'ils ont toutes les chances de réussir, les profs de ZEP ne font pas de favoritisme, la seule différence se fait lorsqu'un élève décide de ne pas travailler et de "polluer" l'ambiance de la classe et de fait empêche ses camarades intéressés de suivre. Je maintiens vivement que les meilleurs profs sont dans les ZEP si vous douter toujours de ce que je dis, demandez autour de vous. Après tout, les témoignages divers sont parfaits pour se forger une opinion objective sur un problème/question.

èLaissez-moi donc vous donner un aperçu très objectif des professeurs que j’ai eu cette année, je vous préviens nonobstant que ce ne sont que des professeurs parmi tant d’autres. Commençons donc par:


PHILOSOPHIE : Parisienne bien entendu, c’est celle qui cache le moins son caractère élitiste, compétitif… dès le premier cours alors qu’elle ne connaissait strictement aucun élève, elle nous annonce qu'elle ne voit pas tous les élèves ceux qui sont au fond sont généralement inintéressants. A titre d’exemple, il y avait une blonde dans ma classe avec des cheveux longs et très fins. Depuis le début elle attendait avec impatience le premier cours de philo. Donc le jour J enfin arrivé, naturellement, elle se met au premier rang mais voyez-vous la prof qui se fie  aux apparences est  d'un tout autre avis. Elle lui annonce quelque chose du genre «Vous savez généralement les blondes aux cheveux fins sont idiotes. L’an dernier, la classe était très hétérogène ce qui est très rare, on avait des élèves vraiment sottes.  Je ne vous connais pas personnellement mais je ne pense pas que vous soyez très futée» Voilà comment elle a été accueillie.

Ma farouche habitude de toujours me mettre au fond a été flattée à cet instant. Aux autres cours, nous avons eu à peu près la même ambiance, je dois pourtant avouer que la prof est devenue un peu plus sympathique au cours de l’année à tel point que lorsque nous l’avions, nous frôlions presque la bousculade pour se rapprocher au maximum. Pourtant, à chaque cours nous avions droit à des injures du genre «Bande de nazes» «Qu’est-ce que vous avez fait l’an dernier en philo ?» à force, son habitude est de ne plus nous demander qui a lu tel ou tel auteur de peur d’ «être offusquée de notre manque de culture et de connaissances ». Je n’ai pas fini. Lorsque je dis qu’elle est élitiste le fait ne s’arrête pas là. Oh non loin de là ; figurez-vous que cette prof a une fille et qu’il y a dans la classe deux filles qui ont le même prénom qu'elle. Ainsi, par un effet de "transfert" ou de je ne sais quoi, elle est affreusement aimable avec elles à tel point qu’elle a un jour dit à l’une d'elle que si l'envie lui prenait de vouloir faire une khâgne philo, elle lui donnerait son aval & son appui! Tandis que d’autres élèves se font insulter de « pimbèche » 
Pour en revenir au début désastreux de la blonde aux cheveux fins, il s’avère qu’elle est l’une des meilleurs de la classe pas seulement en philosophie mais dans le classement général. En rendant le premier DST elle lui avoue «Vous savez, comme je vous l’ai dit, d’ordinaire les blondes comme vous sont idiotes mais vous devez certainement être une exception» depuis, elle exige qu’elle soit assise au premier rang. Pour en finir avec ce fameux « front row » la prof place tous ceux qu’elle aime bien devant elle cela la rassure pour reprendre ses propres termes. Généralement, elle fait un tour de la classe avant de faire l’appel et en déplace. Le reste dit-elle ne l’intéresse pas puisque tout le monde ne passera pas en khâgne mais que tous au moins nous aurons  eu le privilège d’avoir fait une hypokhâgne dans un prestigieux lycée.
*J’avais oublié de préciser que ses cours contrairement à d’autres sont extrêmement passionnants et instructifs, au sortir de chaque cour, nous avons une petite bibliographie non obligatoire d’œuvres qu’elle a lu par le passé & qui sont tout simplement géniales.

Nombres de devoirs : 3 à notre actif. Elle se refusait simplement à nous donner des devoirs maisons qui selon elle sont parfaitement inutiles en hypo mais qui selon mon humble avis, sont nécessaires à une vraie progression.



LETTRES : Le cours le plus désastreux, le cours où tout le monde se place volontairement au fin fond de la salle. Cette prof est tout bonnement soporifique tout comme le contenu de ses cours qu’elle ne se foule pas à faire. Eh oui, étant donné qu’elle est aussi prof au lycée & qu’elle a des terminales, nous étudions généralement les œuvres au programme les explications qui nous sont données en guise de cours sont les mêmes à quelques mots près de celles de ses lycéens. C’est sans conteste la pire prof que je n’ai jamais eu. Depuis le début, et sans que je ne fasse rien de répréhensible elle a une dent contre moi pour ne pas dire toute la mâchoire. Sérieusement, je ne participe peut être pas mais au moins, les rares fois où j’ai pris la parole c’était intelligemment a contrario de certains qui le font intempestivement. Je ne brille pas en Lettres c’est certain mais je suis plutôt fière ma dernière khôlle car j’ai eu… 11 ! Médiocre comparé à ceux ayant eu 16 mais j’estime que c’est un progrès en comparaison au 7 de départ. Enfin bref, le contenu de ses cours est rachitique il n’y a rien d’impressionnant pour une classe de lettres supérieures c’en est même contradictoire ! L’an dernier je faisais des choses beaucoup plus intéressantes et profondes. Les élèves qui dorment, terminent une khôlle, révisent, sont sur Facebook, regardent des vidéos, écoutent de la musique, textotent ou lisent un autre livre pendant son cours ne se comptent plus, elle le voit mais ne dit strictement rien. C’est franchement pitoyable. Nous avons toujours droit  à de la paraphrase, elle nous distribue des documents qu’elle lit à haute voix de son horrible ton monocorde. Si je devais résumer son cours par un seul mot je dirais «Bagne» son cours, c’est le bagne. Je ne fais que regarder l’heure pour voir si le temps passe mais comme toujours, plus vous regardez, plus il s’écoule lentement. LA solution étant devenue prendre son ordi pour échapper à son cours et faire autre chose tout en étant caché par l’écran. L’incontournable chez tout étudiant un tant soit peu malin! Bien entendu, je ne suis pas de cet avis, j’estime qu’un cours mérite d’être pleinement suivi quitte même à déborder un peu sur son horaire. A la condition qu’il soit convenablement donné.
A titre d’exemple pour ceux qui penseraient que je suis trop subjective : Auparavant, elle était en charge de l’option en khâgne. Cette charge lui a été enlevée à cause... je vous laisse deviner pourquoi... Croyez-moi, si le proviseur ou  un inspecteur assistait à son cours, il la chasserait à grands coups de pieds !


Devoirs en une année: 3 aussi. Aucun devoir maison. Elle n’en a donné qu’un seul qu’elle a réservé à ceux souhaitant faire l’option lettres l’an prochain. Ce qui signifie en d’autres termes, les autres restez nuls je n’en ai que faire !



POURQUOI CET ÉLITISME? 

La réponse semble pourtant évidente: nous sommes d'une part en hypokhâgne filière ô combien élitiste et à Paris. Selon moi, l'une des raisons majeures est que cette hypokhâgne a déjà sa réputation, elle n'a donc pas grand chose à prouver si ce n'est faire en sorte que ses élèves soient admissible à l'ENS chose rare chaque année. Fait que j'ai pu constater il y 2 semaines lors des résultats tant attendus seul 1 élève sur une cinquantaine. Les sous A ne se comptent pas, si j'ai bonne mémoire ils ont été assez nombreux. Cette hypokhâgne prétend être ouverte vouloir appliquer ce "multiculturalisme" britannique mais c'est tout le contraire la sélection se fait au quotidien et c'est franchement ça qui fait que j'en retiens un souvenir plutôt mauvais. 

vendredi 7 juin 2013

YOU CAN'T HAVE A BETTER TOMORROW IF YOU ARE ALWAYS THINKING ABOUT YESTERDAY.



Je dois avouer que j'ai honte, honte de l'attitude et de l'état d'esprit qui m'ont animé ces derniers jours. Tout au long de l'année je n'ai pas été moi-même, le climat et l'ambiance dans lequel j'étais ne me l'ont pas permis mais m'apitoyer sur mon sort, acquérir un état d'esprit défaitiste, de désespérée ne me ressemble pas, en aucun cas. Je n'ai jamais été de cette sorte; j'ai pour habitude de voir dans chaque difficulté une opportunité de rebondir, d'aller mieux de l'avant. D’ordinaire je vois toujours ne serais-ce qu'un bon côté même dans la pire des situations et là je dois avouer que je m'étonne moi même d'en arriver là. Je vais en finir avec ce sentiment de honte! La vie est faite de choix, il y a de l'extériorité dans tout l'issue finale ne dépend pas entièrement de ma bonne volonté et de mon bon vouloir, cela peut sembler fataliste je le reconnais mais il serait temps d'arrêter de nous voiler la face, à chaque fois que nous voulons quelque chose, que nous avons un souhait qui nous est cher, nous organisons tout, idéalisons tout dans notre tête, rien ne se passe jamais comme nous l'avions prévu, comme nous l'avons toujours rêvé.  La fainéantise m'a gagné peu à peu et a pris le dessus je ne travaillais que lorsque c'était nécessaire à la vue d'un DST par exemple. J'ai essayé d'y remédier du mieux que je pouvais sur ce point-là je n'éprouve aucun regret. L'année a été terriblement difficile au moment même où j'écris c'est encore pénible puisque je vois mes camarades se tortiller l'esprit parce qu'ils ne savent pas quelle option choisir pour leur khâgne tandis que moi je m'inquiète de savoir si mes équivalences me seront accordées, si la fac est ce qui me convient au mieux... Plein de doutes, d'interrogations et seul l'avenir mettra un point final à toutes ces inquiétudes. Le présent est le temps pour lequel je peux travailler, je n'ai qu'à m'y atteler. Après tout, peut être que mieux m'attends ailleurs quelque part où je n'aurai jamais pensé aller. On me demande souvent si l'hypokhâgne était à refaire le referais-tu? Malgré tout ce que je pense et en dépit de la peine que j'ai sans hésiter je dis OUI. L'hypokhâgne est une expérience unique, incroyable que de nombreuses personnes n'osent pas tenter et pourtant c'est une expérience sans égale. Rare sont ceux qui soutiennent qu'ils regrettent et qui ont l'impression d'avoir gâché un an voire deux ans de leur vie.  Je n'ai pas connu ce sentiment d'enthousiasme à l'idée d'aller en cours cette année mais l'an dernier à chaque réveil je l'avais et je peux vous affirmer qu'il n'y a rien de plus motivant. C'est également pour ça que je dis, je le répète et je le serine: ne vous aventurez pas seul dans une hypokhâgne réputée, de très bon niveau notamment à Paris c'est définitivement la plus mauvaise chose qu'il soit je l'ai fait et je m'en veux. Aussi courageux, débrouillard que vous soyez faites une prépa avec un ami avec qui vous vous entendez et avec qui vous savez que lorsque votre ratio de motivation et votre moral sera au plus bas, il sera là non pour vous réconforter mais pour vous exhorter à ne rien lâcher, de continuer de vous battre. Les mots sont forts mais dans une voie aussi compétitive il faut être prêt à se battre de toutes ses forces quitte à y laisser des armes. Sans nous mentir, les classes préparatoires aux grandes écoles préparent comme leur noms le laissent sous-entendre à des concours et seuls les meilleurs sont pris. Avoir quelqu'un de confiance sur qui compter est primordial pour ne pas dire vital en prépa. Tout comme s'entendre avec ses camarades de classe est essentiel auquel cas préparez-vous pour les moins forts à démissionner. Sérieusement, si vous vous la jouez constamment solo ça pourra marcher mais je doute que cela fonctionnera toute l'année mais pas lors de la khâgne parce que la quantité de travail y est astronomique croyez moi c'est l'expérience qui parle.
Quant à moi, l'avenir je l'espère sera meilleur. Je vais donc aller à la fac l'an prochain en L2 d'Histoire. je révèle enfin mon choix vous avez été nombreux à me poser la question, j'avais toujours été très évasive de peur de changer à nouveau d'avis. Le point positif est que ma rentrée doit être en octobre j'ai donc 3 bons mois de vacances. (OK j'en ai un peu plus tant donné que je finis mi-juin). 

THE BEST IS STILL YET TO COME.

mercredi 5 juin 2013

NO HOPE, NO JOY, NO GLORY, NO HAPPY ENDING.

IT ALL ENDS HERE. 

Parlons un peu de moi. Je ne suis pas quelqu'un de rancunier. Je peux faire face à toutes sortes d'affronts mais en ce qui concerne la nostalgie, les regrets... C'est plus fort que moi, en vouloir aux autres est quelque chose que j'ai du mal à faire mais m'en vouloir à moi-même je le fais aisément et parfois pour un rien, pour des choses qui n'en valent pas la peine. Il est vrai que j'avais maintes fois affirmé que je ne regrettais pas le choix d'avoir fait une prépa, je le maintiens toujours, en revanche, ce que je regrette le plus amèrement est d'avoir choisi cette prépa ci. Comment ai-je pu être si idiote d'avoir choisi une hypokhâgne où il y a deux classes d'hypokhâgnes et une seule khâgne? Comment ai-je pu me laisser convaincre par toutes sortes de motifs qu'elle était l’une des meilleures, qu'elle me conviendrait? Ce qui m'effraie, c'est que plus le temps passera, plus je m'en voudrais... Rien que d'y penser j'ai parfois la larme à l'œil parce que je me suis délibérément fermé un tas d'autres portes, j'ai tourné le dos à des opportunités extraordinaires! Je pense notamment à sciences po Paris que je préparais l'an dernier mais que j'ai arrêté subitement à la vue des trop nombreux bacs blancs et DST de philo. Je le regrette, j'aurai beau me répéter que "Avec le temps tu oublieras" ça ne marche pas et d’ailleurs ça ne marchera jamais. Plus facile à dire qu'à faire comme dirait l'autre. C’est affreux ce que je m'en veux. J'ai la boule au ventre et cet échec me reste en travers de la gorge quand je pense que j'ai suivi mon penchant - maudis soit-il au passage - de solitaire à aller dans une hypokhâgne où aucun de mes amis s'était inscrit, où je ne connaissais strictement personne. J'ai encore pire que ça pour me déprimer; nous avions eu la brillante idée de mettre les même prépa histoire d´être ensemble afin de pouvoir au moins avoir des personnes sur qui compter dans les moments durs et il a fallu que chacun suive sa propre voie, que chacun décide de faire son bonhomme de chemin comme ça , sans au revoir... On s’est tous jetés à corps perdu dans cet avenir qui nous charmait tant, qui nous avait promis de si belles choses, de si belles rencontres, de si belles victoires… Personnellement, je n’ai pas grand-chose de positif. Ça me déchire d’y penser mais je ne peux rien y changer, malheureusement les analepses autres que fictionnelles/romanesques n’existent pas  & ne sont nullement possibles.
Je sais et je suis persuadée dur comme fer, le roc, le granit que j’aurais pu réussir, j’aurais pu être bien classée et me démarquer du lot, mais apparemment, je n’ai pas su être à la hauteur. Peut être que je n’avais tout simplement pas le niveau…  il est vrai que la voie que j’ai choisi n’a pas été des plus simples ; élitiste et compétitive où chacun doit s’en sortir avec les « handicaps » qu’il a ; certains ont des parents profs d’autres des parents ouvriers : le fossé se creuse vite et devient parfois impossible à combler. La ville dans laquelle je fais ma prépa n’arrange rien non plus mais je m’en veux terriblement de ne pas avoir mis toutes les chances de mon côté pour réussir. J’ai du mal à voir où j’ai mal agis, qu’est ce qui a failli dans mes plans parce que sans conteste, j’ai failli. J’ai du mal à faire face à cette idée d’échec car pour dire vrai, je n’ai jamais au grand jamais supporté l’idée de perdre, la simple perspective d’échouer m’a toujours mis dans un état second et cela même lorsqu’il s’agit d’un simple jeu. J’y crois et y croyais à cet épanouissement que vous devez connaitre lors de votre année en hypokhâgne. J’étais si heureuse à l’idée de travailler comme une forcenée et ce n’est certainement pas les gens dits privilégiés qui m’intimidaient, oh que non, j’étais si déterminée, j’avais définitivement la rage de vaincre.

Aujourd’hui tout cela semble s’être envolé, plus l’année passait, plus je devenais fainéante. L’idée de travailler me révulsait. La faute à qui ? Personne je ne sais qui blâmer si ce n’est moi-même. C’est une chose qui me poursuivra toute ma vie. Le désastre qu’a été mon année d’hypokhâgne. Peut-être qu’après tout mon échec peut être explicable par le fait que je n’étais pas suffisamment entourée ou du moins, entourée des bonnes personnes. J’étais, et je suis (l’année n’est pas encore achevée) entourée (celles avec qui je m’entendais le mieux) de personnes qui se foutent éperdument de la prépa, des personnes sans ambition qui ne voient pas plus loin que le lendemain et c’est bien ça le problème ; j’ai toujours été une forcenée, une acharnée dans tout ce que j’entreprends quitte à suer, pleurer, m’écorcher (je ne suis pas non plus masochiste) lorsque je me fixe un objectif je fais tout pour l’atteindre. Je ressasse sans arrêt les choses, je me dis "Et si j'avais plutôt fait ci et si j'avais fait ça..." Dire que l'on refait le monde avec des si est l'un des plus gros mensonges qu'il soit. Les si (maudits soient-ils) vous enferment dans une spirale infernale et vous empêchent d'avancer. Pour une fois dans ma vie, je crains que la page sera douloureuse & pénible à tourner. J’ai besoin de vacances pour tenter de me pardonner cet échec, j’ai besoin d'oublier.

samedi 18 mai 2013

CAN YOU FILL THE SOCIAL GAP?





J'avais déjà vaguement soulevé cette question mais je ne peux m’empêcher d'y consacrer encore un article. C'est une question qui ne trouvera jamais de réponse fixée et absolue. Le débat est sans fin. L'élément déclencheur est une conversation qu'une amie d’hypokhâgne de ma promotion m'a rapportée; Il se trouve que plusieurs élèves sont originaires de banlieues certains plus que d'autres arrivent d'ailleurs très aisément à le dissimuler. Qui n'a jamais dû faire face à la question "Tes parents ils font quoi dans la vie?" Qui n'a jamais senti son cœur battre la chamade, comme s'il était sur le point de transpercer sa poitrine et de s'envoler très haut dans les cieux?  L'embarras, la honte, la sueur, la voix qui tremble...

Je ne l'ai surement jamais dit, mais le premier choc social a été sans aucune hésitation le jour de la rentrée. Oui, oui le tout premier jour. Moi qui fus habituée si longtemps à entendre des prénoms du genre "Fatou, Hélène, Youssef, Sabrina, Mamadou, Katia, ..." d'ordinaire il y a de tout en banlieue absolument tous les prénoms mais sans se mentir les prénoms dits étrangers sont majoritairement écrasants. Cette fois-ci de l'autre côté du périphérique, je me retrouve avec des "Charles, Jacques, Ségolène..." N'y voyez rien d'insultant ou de méprisant mais moi avec mon prénom qui n'a pas de sonorités françaises/européennes je me suis sentie quelque peu à part et pourtant, mon prénom n'est pas lorsqu'on l'entend sans me voir un prénom dit purement africain. En même temps, j'avais aussi fait ce choix pour être dépaysée, dépaysement réussi. Alors donc cette amie m’a dit qu’un élève de sa classe lui avait demandé ce que faisaient ses parents, elle lui répond franchement « Mes parents sont pâtissiers » et là, tout de suite il se met à tousser et tente d’étouffer un rire. Cette histoire m’a mise hors de moi parce que, ce cher garçon dont les parents travaillent d’après sa réaction dans un domaine beaucoup estimable selon lui, se prend pour je-ne-sais-qui ce qui m’a réellement révolté c’est qu’il ne montre aucun respect, aucune estime alors qu’il raffole très certainement de toutes espèces de pâtisseries. Lui qui se prétend originaire d’un milieu très aisé semble avoir oublié les bonnes manières essentielles qu'on a dû lui inculqué et que tout le monde connait : le Respect et la Tolérance.  J’utilise ce cas pour montrer que malheureusement beaucoup trop de personnes pensent de cette façon voire réagissent encore plus radicalement et c’est triste, mais surtout abject parce que si pour certains tout semble déjà avoir été tracé d’autres essaient simplement de réussir, ils s’acharnent pour se faire une place dans un milieu qui d'une part leur est totalement inconnu et qui ne veut pas forcément d’eux et qui pire encore les méprise.  J’ai toujours pensé que ça ne servait à rien de vouloir impressionner le genre de personnes qui ont tout, qui n’ont qu’à claquer des doigts pour que leurs moindres caprices soient exaucés mais incontestablement, cette année ça a été l’électrochoc : je sais que c'est un travail pharaonique de vouloir changer les mentalités des gens ou du moins leur faire prendre conscience que les jeunes de banlieues ne sont pas obligatoirement compatibles avec toute sortes de violence, d'ignorance... Vouloir faire partie d’un milieu qui vous rejette, c'est douloureux et puis après tout les gens ont eu, ont et auront toujours des préjugés essayer de les combattre c’est comme chercher une oasis dans un désert, vous vous fatiguez frôlez la mort et bien plus encore mais ça en vaut la peine. 
Je sais où je vais, ce que je vaux et se voiler la face n’est pas la solution, elle n’est même pas une option. Pour certains, nous jeunes de banlieues ne sommes rien d'autres que des profiteurs qui abusent sans vergogne des allocs etc .. Un peu de bon sens voyons qui aime dépendre des autres? Qui aime se savoir tenu "en laisse" par un tiers? Qui n'aimerait pas ne devoir rien à personne? Sérieusement, si certains ne peuvent se départir de leurs préjugés, qu'ils abandonnent au moins leurs sottises et leur sens restreint de la réalité parce que ça, tout le monde peut le faire et ça ne coûte rien. Enfin, j'aimerais dire à tous ceux qui pensent qu'en banlieue tout va mal et que tous les jeunes tiennent les murs: Venez y faire un tour et parler avec eux. Vous verrez à quel point certains sont intelligents, doués, malins et ont des idées incroyables. C'est bien trop simple de rester chez soi et d'adhérer aux idées véhiculées par les médias. 


* Je me trouve bas sur l'échelle sociale mais rien ne m’empêche de la grimper. C'est certainement pas des idées non fondées qui le feront. J'avais tendance à le voir comme une honte mais je prouverai à ces gens qui pensent que les jeunes de banlieues ne sont que des assistés ont tort, qui pensent que nous n'en valons pas la peine, que quoique nous fassions nous n'irons pas bien loin, que nous sommes voués à l'échec.


vendredi 10 mai 2013

TYPOLOGIE: QUELS GENRES D’ÉLEVES TROUVE T-ON EN HYPOKHÂGNE ?

L'article s'annonce moins morose que le précédent! Accrochez-vous! 


Sourions un peu, rions un peu la journée de la joie approche à grands pas ! Non, cela n’aura rien à voir avec la journée de la joie concept que je trouve, soit dit en passant absolument ridicule. Bref, un brin de détente nous fera du bien à tous moi la première. En Hypokhâgne (Lettres) vous avez eu/avez/aurez forcément ce genre d’hypokhâgneux comme compagnon de route, il y a donc le :

Féru(e) de Mode : Étrange que je commence par ce genre ci mais forcément, il/elle existe ! Il/elle est prêt(e) à rater une journée de cours sous prétexte que les soldes commencent. Contrairement à certain qui viennent habillés tous les jours de la même façon, il/elle considère comme un sacrilège de remettre plusieurs fois dans le même mois, le même jean/pull ce qui ne l’empêche pas d’avoir sa paire de baskets/talons fétiches ! Habillé(e) de la tête aux pieds en Zadig & Voltaire, Ba&sh, Ash, Comptoirs des Cotonniers, Maje…  Je commets un crime ! J’oublie de dire, qu’elle ne sort pas et n’assiste pas en cours sans son sac BALENCIAGA ! il/elle ne parle d’ailleurs pas à grand monde si ce n’est les gens qui lui ressemblent. Vous vous habillez en ZARA, H&M, New Look ? Vous perdez votre temps, elle/il ne vous adressera jamais la parole, pas même pour un bonjour au début de l’année. Inutile de chercher à l’intéresser, vous n’avez ni les mêmes goûts, ni le même compte en banque. Elle/il vit pour le Luxe & possède les moindres accessoires hors de prix. Je n’aurai qu’une seule chose à vous dire : « Passez votre chemin ».

Le Sauvage :Il ou elle s’assoit à coté de vous alors que pour une fois vous avez enfin réussi à vous asseoir tout seul afin d’avoir la paix. Qui parle de paix en Hypokhâgne ? N’y songez même pas. Il s’assoit à coté de vous, s’affale sur toute la longueur de la table, y dépose son sac… Vous vous retrouvez sur un cm² de table pas même assez de place pour ouvrir votre cahier. Votre espace vital est entièrement détruit. Le pire dans tout cela ? Elle ne vous dit ni « Bonjour » ni ne s’excuse pour toute la gêne occasionnée.


Fanatique de fiches : Tout, tout, absolument tout ce que les professeurs disent il veut en faire des fiches. (Qu’elle ne lira probablement jamais) Le plus énervant c’est qu’il se procure par on-ne-sait-quels-moyens tous les livres importants pour les DST et les Concours Blancs


Je-sais-tout : Un peu du même genre qu’Hermione Granger mais en moins, beaucoup moins sympathique vous sentez clairement qu’il est là pour surpasser tout le monde et peu importe les moyens mis en œuvre pour atteindre son but final. Bassesses, Flagorneries… Il n’éprouve aucune honte et utilise tous les stratagèmes possibles. D’ailleurs, il se fiche pas mal d’avoir des amis ou des ennemis les deux sont du même genre.  « La moitié d’un pote, c’est la moitié d’un traître » 

Le faux intelligent : Ah ce genre d’hypokhâgneux est de loin celui que j’adore étudier ! Il y en a tellement ! Il se met au premier rang à chaque cours, semble écouter attentivement et prend tout en note, participe intempestivement et pis encore, il fait de la pure & stupide paraphrase des propos des professeurs. Ce genre d’élève est si agaçant ! C’est une vraie pie il parle, parle sans jamais s’épuiser mais le plus désolant est que ce qu’il a à dire n’est pas si intéressant que ça. Vous avez à chaque parole qu’il prononce envie de lui dire poliment « Si ce que tu n’as à dire n’est pas plus beau que le silence alors tais-toi » ou plus radicalement « La Ferme »

Le vrai intelligent : Très studieux et très cultivé, les professeurs l’adorent ! il est leur « chouchou » A juste titre d’ailleurs tout le monde l’admire puisqu’il est le seul à connaitre des anecdotes triviales que de nombreux étudiants et aussi français ignorent. Il sauve l’honneur & le statut de la classe lorsqu’un silence religieux règne après une question d’un professeur. Sans trop se fouler, il est capable d’accomplir des merveilles, il peut aisément se passer de réviser car il a une Culture Générale hors du commun. De plus, il a un vocabulaire si riche, si impressionnant, si rare que parfois vous avez l’impression qu’il se moque de vous lorsqu’il vous parle, face à lui, vous vous sentez parfois démuni et perdez vos mots tant sa façon de parler semble incarner à la perfection « le Logos athénien » Il a une  retenue,  un sérieux si incroyable qu’il pourrait faire face à n’importe quelle situation d’urgence. 

L’accro à son MacBook : Venir en cours sans son Mac ? Prendre ses cours sur feuilles ? Ah non, jamais plus vous l’y prendrez. La IIIème révolution industrielle a fait de lui un réel addict aux nouvelles technologies. Vous croyez qu’il prend réellement ses cours mais non, il est toute la journée sur Facebook, Instagram et consorts et fait croire à tous qu’il suit absolument le cours alors que son esprit est ailleurs. Physiquement il est présent, Psychiquement il est loin, très loin. Quant à vous, si vous possédez un ordinateur d’une autre marque, qu’il considère comme une « sous marque » vous faites à ses yeux de la peine. Le malheureux, il croit qu’avoir un ordinateur à plus de 1000€ fait de lui quelqu’un extraordinaire !

Le Flagorneur : Celui qui profite du fait qu’il a le même prénom qu’un enfant d’un professeur pour lui faire des courbettes à longueur de journées, à chaque cours. Il profite de la moindre occasion pour se mettre en avant et prétendre avoir relu son cours. Il est d’ailleurs le premier à se manifester lorsqu’un professeur demande l’avis de tous pour savoir si déplacer un cours à 8h arrange l’ensemble de la classe.  Il pose des questions totalement stupides mais qui tournées d’une certaine façon les rendent nettement plus subtiles. Chose O combien abominable les professeurs se mettent à l’apprécier et en viennent même à dire que les cours sont mornes sans sa présence.

Le Je-m’en-foutiste : Il est d’une flemmardise insoutenable. Il est souvent originaire de province étudier à Paris est donc le grand saut pour lui puisqu’il quitte enfin le nid familial. Seul dans son nouveau chez lui, aucun adulte n’est là pour le raisonner et donc l’inciter très fortement d’aller assidûment en cours. Il considère l’hypokhâgne comme un long fleuve non tranquille en raison des nombreux devoirs à rendre mais cependant il vient « à la carte » vous ne le voyez plus en cours à 8h, d’ailleurs dès lors qu’il en a assez ou plutôt qu’il estime en avoir assez fait pour la journée voire la semaine, il s’en va quitte à ce qu’il soit encore 11h ou 13h. peu lui importe, sa liberté est trop précieuse pour qu’il reste assis des heures durant à écouter un professeur lui déverser sa science. Cet élève est surprenant puisque même lorsqu’il prend la peine de venir il dort en cours non pas d’un léger sommeil afin d’être aux aguets mais d’un sommeil de plomb. Lorsqu’un professeur approche et que vous tentez de le réveiller d’une simple tape sur le bras c’est peine perdue. Il en faut bien plus pour qu’il se souvienne qu’il est en cours, qui plus est en Hypokhâgne !  

Le Fêtard : Fille et Garçon confondus. Il tient le coup en passant et en organisant tout autour du weekend de débauche qu’il prévoit chaque semaine. Sans cesse, il parle d’alcool et connait tous les bons plans pour se « saouler la gueule » : les nouveaux bars parisiens qui ont ouverts, les endroits où la bière est le moins chère mais attention, il faut qu’elle soit bonne. Toute la journée il ne parle que de sexe, lorsqu’un professeur fait un petit jeu de mots subtile il y voit toujours une connotation sexuelle. Ce genre d’élève lorsqu’il s’assoit à coté de vous, vous débride, vous avez des valeurs, des convictions mais au bout d’une heure, vous voyez les choses très différemment et votre petite bulle de valeurs religieuses ou autres est toute ébranlée. Il vous montre le genre de messages « hot » qu’il envoi à sa copine/copain du moment bien entendu. Il vous annonce ce qu’il fait pendant le weekend à savoir boire, fumer & coucher. Le plus insupportable est qu’il arrive tout de même à avoir d’excellentes notes en cours et fait à votre grand dam partie du peloton de classe. 

Le Vaniteux : il est obnubilé par sa propre personne rien ne l’intéresse si ce n’est lui ou qui se rapporte indirectement à lui. Jamais sans son miroir d’ailleurs sur son iPhone il a une protection miroir de sorte à se voir à la moindre occasion. Lorsqu’il pleut, vous êtes contraints de l’entendre maudire le temps toute la journée rien ne peut le faire taire ou changer de sujet sauf si vous la complimentez.

L’incertain : Il manque cruellement de confiance en lui et rien que le fait de voir sa face, vous savez à quel point il a du mal à se convaincre lui-même qu’il a sa place en hypokhâgne d’ailleurs, il manque de confiance en lui dans n’importe quelle situation. Il n’y malheureusement rien à faire car ce manque de confiance n’est pas anodin il traduit souvent des blessures passées, des choses refoulées… Pourtant, ce genre d’élève est plutôt sympathique mais il est dur d’établir un lien avec lui.

Le sournois : Réducteur mais souvent, il porte des lunettes d’une couleur affreusement ridicule, taillées en amande et son regard toujours en biais, ou fait sous ses lunettes vous exprime clairement son mépris & la bassesse dont il est capable. Lorsque vous lui demandez  de vous prêter un livre d’une importance capitale en vue d’un DST ou des concours blancs – qu’il possède bien sûr en plusieurs exemplaires -  vous savez qu’il n’emprunte pas les livres requis mais qu’il les achète tous. Mais pour lui c’est hors de question de prêter quoique ce soit d’où l’apparition d’une étrange cousine accusée de lui avoir subtilisé tous les livres au mauvais moment…

La tueuse discrète : Elle se faufile partout à une vitesse délirante. Elle veut absolument se faire tout plein d’amis. Elle est très fourbe. Demandez-lui de vous donner un coup de main en langue ou dans une quelconque matière elle vous fera la promesse de vous aider mais cette promesse n’est que du vent. Tout ce dont elle se soucie est Sa réussite personnelle mais a tout de même le culot de venir vous parler ensuite du DST qu’elle sait que vous avez raté mais qu’elle a brillamment réussi.

Mlle j’en fais trop : Elle est insupportable et énerve tout le monde. A chaque moindre interrogation elle est stressée comme si elle allait passer l’examen de sa vie. Son passage en khâgne se fera c’est certain. Lors des concours blancs elle ne vient jamais maquillée et s’habille en haillons et dit à tout le monde que les révisions lui prennent tout son temps et qu’elle ne peut ni s’occuper d’elle ni même penser à autre chose. Elle met des bouchons à oreilles en plein CB alors qu’il n’y a pas le moindre bruit ce qui je dois vous l'avouer, me donne l'envie folle de me ruer sur elle et de lui hurler "CA SUFFIT!" 

Le solitaire : Ce n’est pas tant par misanthropie qu’il reste seul dans son coin, c’est simplement parce qu’il a du mal à aller vers les autres.


Je pourrais m’étaler encore mais la liste est longue, il y a celui qui fait des courbettes sans arrêt aux professeurs afin d'obtenir des privilèges du genre appui au conseil de classe, khâgne dans un lycée encore plus prestigieux, stage dans un ministère... Je vous laisse ouvrir l’œil et observer quel genre d'élève vous entoure bien entendu je ne fais pas ceci par méchanceté ou mauvaise intention mais simplement pour m'amuser et rester réaliste sans pour autant être satirique.

mercredi 8 mai 2013

LA VÉRITÉ, TOUTE LA VÉRITÉ, RIEN QUE LA VÉRITÉ

Ô Joie!  Ô Triomphe! Ô Preuve à l'appui! Oui j'exagère un petit peu je l'admets mais... Je ne peux modérer ma joie c'est impossible. Je m'explique; pour ceux qui l'ignoreraient (honte à vous au passage) le rapport 2013 sur "L'état de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en France" vient d'être publié & ce qui m'intéresse tout particulièrement est la fin:


« La souffrance des élèves des classes prépas »

"Enfin, le rapport reprend quelques éléments d'une enquête réalisée en 2010 sur les conditions de vie des étudiants. Les résultats sont alarmants.  Plus d'un jeune sur trois serait déprimé, et près d'un sur quatre souffrent d'isolement. Et si ils auraient sans doute préféré ne pas arriver en tête de ce classement là, ce sont bien les élèves des classes prépas qui souffrent le plus psychologiquement. 88% d'entre eux ressentent de la fatigue, 61% de la nervosité, et 45% tombent dans la déprime... "
Pour les plus curieux voici l'article du Figaro qui en parle très bien et duquel j'ai d'ailleurs puisé mes sources: http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/un-etudiant-coute-en-moyenne-11-630-euros-par-an-a-l-etat-1806/

Voilà, tout est dit. Je pourrais m’arrêter ici et clore cet article mais je suis dans un tel état que je ne puis me le permettre. Enfin bon j’arrête de tourner autour du pot, cet article prouve bien évidemment que je n’en fais pas trop concernant mon expérience en hypokhâgne. Certaines mauvaises langues vont pouvoir se retenir de me déverser leur venin puisque c’est une étude très sérieuse venant de comme qui dirait « là-haut ». La souffrance des élèves de classes prépas... Très très bon sous titre au passage mais la faute à qui dites-moi? Aux professeurs qui n'en n'ont que faire que des élèves soient issus de milieu populaires et que ces derniers n'ont pas que leurs devoirs à faire en rentrant le soir chez eux! Le système français est mal fichu, sa réputation n'est plus à faire, c'est certain. Certes, nous savons tous que les classes préparatoires sont réputées pour être difficiles, éprouvantes, compétitives en quelques mots, une sorte de jungle dans laquelle s’en sortent les plus valeureux, mais ce qu’on ne nous dit pas, ou plutôt ce dont on chercher de plus en plus à dissimuler c’est cette dimension élitiste exécrable. La prépa dans laquelle je suis, tout comme de nombreuses prépas « Parisiennes » sont cruelles, on prône la mixité, une ouverture d’esprit… Que nenni ! Pour vous noter un devoir écrit les professeurs ne pourront s’empêcher de faire interférer consciemment tout plein d’éléments tels que la participation à l’oral, l’assiduité, et pire encore : qui vous êtes, le milieu social dans lequel vous vivez. C’est abominable. Oui, je le sais j’en paies hélas les frais tous les jours, à chaque devoir, à chaque kholle… Mon expérience en hypokhâgne, dans cette hypokhâgne pourtant et malheureusement assez bien réputée est un échec. Bien plus encore, cela me fait abhorrer les parisiens. C’est assez poussé ce que je dis mais ne peuvent comprendre uniquement les personnes ayant autrefois été déçus par une telle expérience. Je rectifie ce que je viens de dire, ce n’est pas un échec, ce mot est inadéquat. C’est plutôt un très très très mauvais choix mais je ne m'abats pas sur mon sort, il y a bien pire mais comprenez ma profonde déception; Moi qui était si enthousiaste à l'idée de pouvoir enfin pénétrer et faire partie de cette sorte d'élite! Moi qui avait grand hâte que l'année débute enfin pour pouvoir passer des soirées entières à me battre avec un sujet de DM, à préparer avec acharnement une khôlle! Moi qui avait quasiment établi tout plein de méthodes pour m'en sortir, m'organiser! Je suis toute ébaubie!

Par ailleurs, je ne vais certainement pas me priver de dépeindre l'affreuse prépa dans laquelle je me trouve. Langue de bois je n'ai jamais été, jamais je ne le serai! Ma franchise est ce qui agace le plus, de fait je m'en donnerai à cœur joie puisque bien évidemment mon passage en khâgne est impossible. A ce propos, étant donné que je suis en vacances, j'en profite bien sur pour me reposer mais aussi pour affiner mes futurs plans je me rends compte que de toute façon l'équipe enseignante a déjà une idée très nette des élèves qu'elle fera passer ou non en khâgne dans ce fichu établissement. Une réunion a eu lieu un certain jour et curieusement on nous annonce que c'est "à l'attention des khâgneux  pour savoir quels élèves seront susceptibles d'être repris parce qu'ils avaient déjà fait part de leur volonté de khûber. Ridicule tout cela.. Mensonge bien entendu puisque j'ai appris qu'en réalité, nos chers professeurs ont établi une liste des élèves potentiels qui resteraient à ****. Vous ne comprenez toujours pas le problème? Il est pourtant très clair: quelles que soit les performances de certains (dont moi) aux concours blancs si il a été dit à notre sujet que nous ne passerons pas, cela sera consciencieusement respecté. D'où ma flemmardise grandiose ces vacances à travailler. Je fais une chose à ne jamais faire mais vu le contexte je n'en n'ai que faire. Je ne révise pas pour toutes les disciplines dont la géographie parce que le cours est d'une part insignifiant mais surtout affreusement soporifique. Je mise tout sur la matière pour laquelle je souhaite ardemment avoir mes équivalences.